Les étoiles se sont plaintes hier soir, d'un rafus provenant de ma chambre. Je me suis levée & je les ai regardé, une par une. Je leur ai souri. Avec le sourire le plus ravi du monde. Je leur ai simplement répondu : " Je renoue avec l'espoir, laissez moi encore quelques minutes. ". Il y avait du monde ce soir là avec moi. Un chagrin qui se noie dans un calva, un blues aux cordes fatiguées, un livre éventré d'avoir été trop lu & des chapeaux agonisant sur le plancher. C'était beau. Beau de les voir tous réunis. Ils parlaient d'amour. Oui, de mon amour fané et terni. Ils en parlaient mieux que moi. Ce qu'ils me faisaient rire avec leur théorie & leur grand raisonement. Ils enchaînaient les explications & les démonstrations, sans fléchir. Je les écoutais, en leur demandant de parler plus bas. Leur parole n'etait plus devenue qu'un tout petit chuchotement. Mais ils continuaient leur débat philosophique sur les hommes, le cul & la religion. S'ils savaient. S'ils s'étaient douté que mes rires à moi, et mes soupirs, et mes désirs, ils s'étaient déjà détournés pour rejoindre d'autres yeux plus brillants et plus gourmands. S'ils se taisaient, ils s'auraient, que lui, je ne l'aime plus.
Une étincelle. Rien d'autre. Et je me rallume.